Visite des grottes de Villars : plongée spectaculaire dans les entrailles du Périgord
Situées à moins de 30 kilomètres de Le Change, les grottes de Villars forment l’un des sites souterrains majeurs du Périgord. Oubliant la frénésie du monde...
Impossible de parler de Le Change sans évoquer le Château, construit originellement au XIIIe siècle. De nombreux seigneurs s’y sont succédé, mais l’un des plus marquants reste le baron Henri du Sorbier (fin XIXe – début XXe siècle). Héritier d’une longue lignée noble du Périgord, il fut à l’initiative de la restauration du château, fortement endommagé à la Révolution. Son engagement pour le patrimoine local a permis de sauver plusieurs parties de l’édifice, en mobilisant artisans locaux et spécialistes de la pierre sèche.
Anecdote : on raconte (Source : Archives orales du Périgord), qu’il offrait à Noël une bûche de bois à chaque famille démunie du bourg, alliant prestige et générosité.
Curé de Le Change de 1912 à 1936, l’abbé Fauquet occupe une place particulière dans la mémoire locale. Pasteur infatigable, il s’illustre dans la défense des traditions rurales et la sauvegarde des archives paroissiales pendant la Grande Guerre.
Il faudra attendre les années 1980 pour que ses carnets et notices soient redécouverts, suscitant l’intérêt des chercheurs en histoire religieuse du Sud-Ouest.
Dans l’entre-deux-guerres, Le Change est un village discret, loin des grandes routes. Mais il connaît une autre forme d’engagement : celui des résistants. Pierre Chaminade, instituteur dans les années 1930, s’engage dans le réseau Libération-Sud dès 1942. Il agit autant pour transmettre discrètement les informations de Londres que pour organiser l’évasion de jeunes du STO vers le maquis du Limousin tout proche (Source : Mémorial de la Résistance en Dordogne, éditions Fanlac).
La fin de la guerre ne l’empêche pas de poursuivre son engagement : il sera élu conseiller municipal à la Libération et plaidera pour la reconnaissance du rôle caché de la communauté villageoise dans les réseaux d’entraide.
Dans une société rurale où l’éducation des jeunes filles restait un défi, Marie Delpech (née en 1871) fut une figure de progrès. Épouse d’un petit agriculteur et autodidacte, elle ouvre en 1905, dans l’actuelle rue des Alouettes, un atelier d’alphabétisation destiné aux jeunes filles de la commune et des hameaux alentour – une première pour cette partie du Périgord Noir (Source : Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord).
Anecdote : Un extrait d’une lettre d’élève datant de 1916 cite : “Madame Delpech, nous a appris à écrire, pour que l’on puisse parler à nos hommes même de loin, sans l’aide d’un voisin.”
Arrivé en 1920, le docteur Castagné fut le premier dans la région à vulgariser la médecine préventive en milieu rural. Passionné par la botanique, il fut précurseur de la collaboration entre phytothérapie traditionnelle et médecine moderne (source : Société Botanique du Périgord).
On rapporte que sa mallette était toujours garnie d’un flacon d’élixir de benoîte, prêt à soulager aussi bien les douleurs du corps que les peines du cœur. Le square principal de Le Change porte encore aujourd’hui le nom du docteur Castagné.
Sous le mandat de Joseph Lagrange (1965-1983), Le Change entre dans la modernité. Issu d’une famille d’artisans, il lance de nombreux chantiers pour désenclaver et embellir la commune.
Grand défenseur du maintien de la vie locale, il lutte activement contre la fermeture de l’école rurale durant la crise démographique rurale des années 1970.
Au-delà des figures majeures, Le Change a également vu naître de nombreux artisans, agriculteurs, potiers et sabotiers, qui ont contribué à sa renommée. Parmi eux :
L’histoire de Le Change, c’est celle d’un village qui prend ses racines dans des destins individuels pour mieux façonner un avenir collectif. Chacune des personnalités évoquées ici a laissé des traces : dans la pierre, l’éducation, la mémoire citoyenne ou les gestes quotidiens. Aujourd’hui, en parcourant les rues, en visitant la bibliothèque ou en franchissant le pont, il suffit de lever les yeux ou de tendre l’oreille aux anciens pour retrouver l’écho de ces figures discrètes mais déterminantes.
Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir, le fonds d’archives de la mairie et les publications de la Société historique et archéologique du Périgord offrent encore bien des pistes à explorer.