Visite des grottes de Villars : plongée spectaculaire dans les entrailles du Périgord
Situées à moins de 30 kilomètres de Le Change, les grottes de Villars forment l’un des sites souterrains majeurs du Périgord. Oubliant la frénésie du monde...
Longtemps avant que Le Change ne devienne un village tel qu’on le connaît, l’endroit était déjà un carrefour naturel. Niché près d’un gué sur la rivière Isle, ce point de passage a facilité les connexions entre la vallée et le plateau du Périgord. Les archéologues y ont relevé des traces d’occupation précoce, notamment des silex taillés trouvés dans les alentours (source : Périgord Noir – Histoire du Périgord).
Le passage de l’Antiquité au Moyen Âge s’est fait en douceur, mais la toponymie et certains linteaux de maison témoignent de la permanence de l’habitat sur le site.
La première mention écrite de Le Change remonte au début du XIIe siècle dans un cartulaire de l’abbaye de Chancelade. L’église Saint-Martin, bâtie en position dominante, en témoigne : elle a constitué un point de ralliement, non seulement spirituel mais aussi social. Certains chapiteaux ornés datent du XIIe siècle, probablement réalisés par des ateliers venus de la région de Brantôme (source : Monuments historiques de Dordogne, ministère de la Culture).
Au XIIIe siècle, le château du Change domine la vallée. Ce n’est plus que ruines aujourd’hui, mais l’emplacement — sur un promontoire calcaire — a marqué la silhouette du village. Le fief appartient alors à la famille de la Roche, connue pour ses démêlés avec les puissants barons de Bourdeilles.
Au XVIe siècle, la Dordogne n’est pas épargnée par les conflits religieux. Le Change, situé non loin de Périgueux, voit passer tour à tour des troupes huguenotes et catholiques.
On retrouve encore aujourd’hui dans les patronymes de la commune la trace de cette histoire tourmentée, avec des noms d’origine protestante mêlés à des lignages catholiques.
En 1789, la population du village compte environ 350 habitants. L’abolition des droits seigneuriaux bouleverse la vie du Change : la dîme et les banalités tombent, permettant une nouvelle organisation sociale (source : Archives départementales - La Révolution en Dordogne).
C’est également à cette période que Le Change obtient son statut de commune, lors du grand découpage administratif de 1790.
La deuxième moitié du XIXe siècle voit Le Change sortir de son isolement. En 1875, le bourg est relié à Périgueux par une ligne de “voiture à chevaux”, ancêtre du car rural, puis la ligne ferroviaire de la vallée de l’Isle (source : SNCF – histoire des lignes locales).
Les vieilles maisons médiévales laissent progressivement la place à des bâtisses plus spacieuses, souvent ornées d’enduits à la chaux et de belles portes monumentales à fronton. L’école laïque, construite en 1881, installe définitivement le village dans la modernité républicaine (source : Monuments historiques de la Dordogne).
La Première Guerre mondiale bouleverse l’équilibre du village : 26 jeunes hommes de Le Change tombent au front, soit presque 10 % de la population masculine adulte (source : Monument aux morts de Le Change).
La Dordogne fut, on le sait, une terre de résistance. Dans les collines autour de Le Change, des maquis se sont organisés à partir de 1943. Un réseau de ravitaillement et de cache favorise la protection de réfractaires au STO et de familles juives persécutées, notamment grâce à la complicité discrète de plusieurs familles du village (source : Musée de la Résistance en ligne).
L’après-guerre marque une période de mutation pour Le Change. Le passage progressif d’une agriculture de subsistance à une agriculture d’élevage et de polyculture s’accompagne d’une modernisation des exploitations. L’arrivée de l’électricité, puis du téléphone, change la vie quotidienne.
Nombre de ces événements historiques ont laissé des traces visibles ou inscrites dans la mémoire locale.
Le village n’a rien oublié de ses grandes heures, et l’attachement à la mémoire collective reste fort. Qu’il s’agisse de la fête de l’église, du parcours des “chemins de la Liberté” en hommage aux résistants, ou des visuels pédagogiques installés dans l’école, l’histoire est partout présente à qui sait la lire. Parcourir Le Change, c’est marcher dans les pas des siècles, fermes et maisons portant encore les stigmates de ces soubresauts. Une invitation, toujours renouvelée, à regarder au-delà des apparences ce qui fait la profondeur d’un pays.