Visite des grottes de Villars : plongée spectaculaire dans les entrailles du Périgord
Situées à moins de 30 kilomètres de Le Change, les grottes de Villars forment l’un des sites souterrains majeurs du Périgord. Oubliant la frénésie du monde...
Nichée au centre du pittoresque village médiéval de Villefranche-du-Périgord, la collégiale Saint-Jacques est plus qu’un simple édifice religieux : c’est une véritable sentinelle de pierre racontant le destin singulier du Périgord du Sud. Lorsqu’on pénètre dans cette bastide, on ne peut manquer sa silhouette massive et élégante qui se dresse fièrement sur la place principale, témoignage fidèle de l’art gothique rayonnant du XIIIe siècle dans nos campagnes.
Étonnamment, Villefranche-du-Périgord, fondée en 1261 par Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, a vu la naissance de la collégiale au moment même où la France rayonnait grâce aux grandes cathédrales du nord. Cet édifice, associant ambition architecturale et besoins spirituels et communautaires d’une population de marchands, d’artisans et de paysans, mérite une attention toute particulière.
La création de Villefranche-du-Périgord s’inscrit dans le contexte des bastides, ces villes nouvelles médiévales qui fleurissent alors dans le Sud-Ouest. La collégiale occupe une place centrale dans ce dispositif urbain – un choix significatif, garantissant à la fois la sécurité morale et la légitimité politique des habitants.
Ici, la collégiale incarne la volonté seigneuriale d’attirer les colons, mais aussi de marquer le paysage religieux alors traversé par la concurrence entre seigneurs locaux, clergé laïc et abbés. Elle structure la vie quotidienne : on y célèbre, on s’y réunit, on y trouve un refuge lors des périodes troublées de la guerre de Cent Ans (1337-1453) notamment (source : Périgord Noir Tourisme).
Alors que les grandes cathédrales gothiques illuminent Paris ou Chartres, Villefranche-du-Périgord porte les traces de ce mouvement à l’échelle plus intimiste d’un bourg périgourdin.
À Villefranche, ces tendances se traduisent par :
| Élément | Caractéristique | Particularité locale |
|---|---|---|
| Nef | Large (près de 10 m), haute sous voûte (15 m env.) | Plan rectangulaire, très sobre, absence de déambulatoire |
| Chœur | Pentagonal, voûté d’ogives rayonnantes | Orientation Est classique, abside sans chapelles rayonnantes |
| Portail Ouest | Sobre, trumeau central disparu, voussures gothiques | Décor parfois qualifié de “rural”, peu de sculptures |
| Clocher | Tour carrée, forte assise | Souvent utilisé en tour de guet à la guerre de Cent Ans |
La collégiale n’est pas seulement un édifice inerte. Elle résonne encore, de nos jours, de traditions et d’histoires vécues par les habitants : si les grandes foires d’autrefois s’ouvraient toujours par une messe sous ses voûtes, il y a une anecdote locale amusante autour du clocher. Lors des incursions anglaises à la fin du Moyen Âge, on raconte que les villageois y auraient dissimulé leurs réserves de châtaignes, véritable or brun du Périgord, pour échapper au pillage (source : “Guide Découverte Périgord noir”). Certains anciens prétendent même que, certains soirs d’automne, une odeur douceâtre flottait dans la nef lors des offices, trahissant la cachette improvisée !
Elle a également servi de refuge pendant les guerres de religion au XVIe siècle, lorsque Villefranche oscillait entre influences catholique et protestante – des balles de mousquets retrouvées dans la pierre témoignent de ces heures agitées (source : Archives départementales de Dordogne).
À noter : chaque année, lors des Journées du Patrimoine en septembre, des visites guidées gratuites sont proposées par des bénévoles passionnés. C'est l'occasion d'en apprendre davantage, notamment sur les restaurations entreprises depuis l'épisode de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la collégiale a momentanément servi de dépôt pour des œuvres d’art menacées.
La collégiale de Villefranche-du-Périgord n’est pas un cas isolé, mais elle fait partie d’un réseau d’églises gothiques rurales qui parsèment la région, avec une singularité : ici, la sobriété de la pierre répond à la beauté lumineuse des volumes intérieurs. Les passionnés pourront prolonger leur exploration vers les collégiales voisines de Saint-Avit-Sénieur ou Beaumont-du-Périgord, qui, chacune à leur manière, reprennent ce dialogue entre clocher, village et tradition.
Aujourd’hui encore, la collégiale Saint-Jacques est un repère culturel majeur du Sud Dordogne, incitant à s’arrêter, à lever les yeux et à plonger dans le mystère paisible de la pierre gothique, loin de l’agitation des grandes routes touristiques. Preuve que Villefranche-du-Périgord, à travers son patrimoine, sait allier harmonie, discrétion et émerveillement.