Les matériaux du pays : pierre, lauzes et bois
La pierre calcaire blonde : fondement du bâti local
À Le Change, comme partout en Périgord blanc, la pierre calcaire domine. Son extraction locale conditionnait autrefois aussi bien la couleur que les techniques de construction. Ce calcaire blond ou beige, parfois légèrement doré, capte la lumière du soir et confère aux façades ce charme caractéristique.
- Murs épais : généralement entre 50 et 70 cm pour assurer une bonne inertie thermique – on néglige trop souvent à quel point ces murs gardaient la fraîcheur en été et la chaleur en hiver.
- Assemblage en appareil irrégulier : la pierre n’est souvent taillée que sommairement et jointe à la terre ou au mortier de chaux, ce qui explique l’aspect parfois ondulant des murs anciens.
- Encadrements en pierre de taille : les portes et fenêtres sont fréquemment soulignées par quelques assises de pierre soigneusement travaillées – le « lisière » des bâtisseurs.
Un détail souvent méconnu : dans certaines maisons anciennes, on retrouve des pierres de remploi, issues d’anciens bâtiments détruits lors des guerres de Religion ou bien réutilisées après la Révolution.
Source : Atlas des patrimoines architecturaux et paysagers de Dordogne, CAUE24.
Les lauzes, l’ardoise locale du Périgord
Le Change illustre à merveille l’utilisation des lauzes, ces épaisses dalles de calcaire naturel, pour la couverture des toitures. Les lauzes étaient reservées jadis aux bâtiments les plus importants, faute de réserves assez abondantes pour couvrir toutes les maisons.
- Épaisseur variable : selon le poids et la pente du toit – il faut parfois des charpentes très renforcées pour les supporter, certains vieux toits présentent des lauzes de plus de 8 cm d'épaisseur.
- Assemblage minutieux : pose en recouvrement progressif, à la façon des ardoises, mais chaque lauze est unique, imposant parfois des ajustements ingénieux.
- Toit pentu : pour évacuer l'eau rapidement, les toits en lauzes dépassent souvent 45° d’inclinaison.
Aujourd’hui, à cause du coût et de la rareté de la lauze, la tuile canal « à l’ancienne » a progressivement supplanté ce matériau. Mais quelques fermes et la chapelle Saint-Martin montrent encore de beaux exemples de toitures en lauzes.
Source : Inventaire Général du Patrimoine Culturel – Région Nouvelle-Aquitaine.
Le bois, un allié discret
Bien que la pierre soit reine, la structure ne tiendrait pas sans le bois : en chêne ou en châtaignier, les charpentes s’appuient sur des sablières et des poteaux-porteurs souvent centenaires. Certains linteaux de portes, encore taillés à la hache, portent la date ou l’initiale du charpentier.