Visite des grottes de Villars : plongée spectaculaire dans les entrailles du Périgord
Situées à moins de 30 kilomètres de Le Change, les grottes de Villars forment l’un des sites souterrains majeurs du Périgord. Oubliant la frénésie du monde...
Loin d’être de simples pierres tombales, les gisants sont à la fois témoignage, hommage et fragment d’histoire figés dans la pierre. Dans la région du Périgord, les monuments funéraires médiévaux recèlent nombre de trésors, mais peu égalent la puissance évocatrice des gisants de la famille de Born. Ces œuvres, qui jalonnent le patrimoine local, suscitent encore aujourd’hui la curiosité des amateurs d’art comme des promeneurs avertis. Pourquoi une telle admiration ? C’est ce que nous allons explorer.
Pour comprendre la portée des gisants de la famille de Born, il faut d’abord évoquer cette lignée singulière. Les de Born sont connus notamment grâce à Bertran de Born, troubadour, seigneur et poète du XIIe siècle. Surnommé « le seigneur rebelle du Haut-Périgord », Bertran fut à la fois vassal, poète politique, et guerrier, mêlant intrigue et verbe dans une période troublée par la lutte entre Plantagenêts et Capétiens.
La famille possédait des terres autour de Hautefort : châteaux, commanderies, prieurés… Ce rayonnement explique en partie la qualité et la conservation des monuments funéraires qui leurs furent dédiés par la suite. Le gisant, dans ce contexte, apparaît comme le vecteur d’une mémoire prestigeuse mais aussi comme une œuvre de commande rivalisant de raffinement.
Le terme « gisant » désigne, dans l’art funéraire européen, une statue représentant le défunt allongé, souvent les mains jointes, sculptée sur un tombeau. Contrairement aux simples pierres tombales ou aux dalles gravées, il s’agit ici d’un portrait en relief grandeur nature.
La majorité des œuvres les plus célèbres se trouve dans le secteur de Hautefort, plus précisément dans l’église Saint-Maurice ainsi que dans les environs du château de Hautefort. Ces gisants datent principalement du XIIIe au XVe siècle. Si certains sont malheureusement incomplets ou endommagés (les révolutions et les pillages n’ont pas épargné les sépultures), plusieurs spécimens demeurent accessibles :
À voir : L’inventaire général du patrimoine culturel de Dordogne recense au moins quatre gisants médiévaux directement liés à la famille de Born à Hautefort et ses alentours.
Les gisants de la famille de Born témoignent d’un art du détail qui force l’admiration. Plusieurs caractéristiques méritent d’être soulignées :
Anecdote : Selon une tradition locale, lors de la restauration du gisant du chœur de l’église de Hautefort, on a découvert sous le socle une boîte renfermant quelques cheveux et débris d’armes, probablement restes funéraires sciemment conservés.
Ces monuments n’auraient pas vu le jour sans des ateliers de sculpteurs chevronnés. Au Moyen Âge, plusieurs lignées d’artisans de la région de Périgueux et Sarlat se sont partagé les commandes nobles.
La réputation des ateliers périgourdins s’est construite sur :
Parfois, signatures et marques d’atelier sont discrètement gravées au revers des socles, mais le nom des sculpteurs demeure rarement connu. Quelques indices laissent penser que certains d’entre eux avaient aussi travaillé sur les portails des églises de Brantôme ou de Saint-Amand-de-Coly, signe de leur polyvalence.
L’histoire locale et nationale se mêle dans ces sculptures : la famille de Born, proche des grands seigneurs de l’époque, a su immortaliser dans la pierre une certaine image de la noblesse périgourdine. Aujourd’hui, les visiteurs sont fascinés par :
Côté chiffres, les gisants de Hautefort attirent plusieurs milliers de visiteurs chaque année, notamment lors des journées du patrimoine (source : Office de Tourisme du Pays d’Hautefort).
Pour tous les curieux ou passionnés d’art médiéval, une halte à Hautefort s’impose ! Voici quelques conseils pour profiter pleinement de la découverte :
À noter : Le château de Hautefort organise ponctuellement des visites thématiques sur l’art funéraire et la famille de Born (voir : Château de Hautefort – site officiel).
| Lieu | Date des gisants | Accès | Contact |
|---|---|---|---|
| Église Saint-Maurice, Hautefort | XIIIe-XIVe siècles | Sur demande (hors offices) | Mairie de Hautefort |
| Château de Hautefort | Expositions temporaires | Ouvert d’avril à novembre | Office de Tourisme |
La découverte des gisants de la famille de Born, c’est un peu comme ouvrir un livre de pierre sur le passé périgourdin. Derrière ces poses figées, il y a l’expression d’un idéal chevaleresque, le témoignage d’une filiation influente, et, entre les plis de la robe ou les griffes d’un lion, toute l’intelligence de l’artisanat local.
Ces chefs-d’œuvre traversent les siècles et rappellent la richesse du patrimoine du Périgord, région d’artisans toujours en éveil, d’histoires à raconter et d’émotions à transmettre. Leur observation attentive, loin de n’être qu’une curiosité d’expert, invite chacun à une forme d’évasion entre art, histoire et légende.
Pour aller plus loin, quelques références recommandées : Périgord Patrimoine, le site de l’Inventaire du patrimoine de Nouvelle-Aquitaine ou encore les ouvrages de Florence Pajaubert (Sépultures et gisants en Dordogne médiévale, éditions La Lauze).